IA et culture : vers une nouvelle lutte des classes ?

Le PDG – Équipe Fabulè- - 5 min

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Selon de nombreux observateurs et analystes des tendances de ces dernières années, l’avènement de l’IA, au-delà de ses applications techniques et professionnelles, bouleverse en profondeur notre rapport à la culture et à l’information.

Un constat qui, selon eux, n'est pas toujours réjouissant.

En effet, l’IA se démocratise massivement au sein des classes populaires, s’imposant comme le principal vecteur d’apprentissage. Avec tous les aspects positifs et négatifs que cela comporte. Car s’il est vrai que chacun peut interroger ces modèles et obtenir des réponses plus ou moins satisfaisantes, cette pratique nourrit rarement une véritable émancipation intellectuelle, un esprit critique ou une pensée latérale. Bien souvent, on se contente d'une réponse prête à penser. Il en résulte un nivellement par le bas, dicté par des modèles standardisés qui façonnent, voire orientent directement, notre courbe d’apprentissage.

À l’inverse, le véritable enrichissement culturel — celui qui passe par la lecture approfondie, l’analyse critique et le foisonnement créatif — tend à devenir l'apanage des milieux les plus aisés. Ces derniers ont en effet accès à des outils et des méthodes d’apprentissage qui stimulent une croissance intellectuelle exponentielle. Ainsi, ce qui relevait du bien commun il y a encore quelques décennies se transforme aujourd'hui en privilège élitiste (à ce sujet, cliquez sur le lien en fin d'article pour en savoir plus).

Vrai ou faux ?

Le petit oiseau lecteur de Fabulè à côté d'un approfondissement sans spoiler

Choix de l'immédiateté ou nécessité économique ? (e nel punto 1: 'La praticité : l'IA rend tout plus simple et immédiat.')

Comme souvent, la vérité se situe à la croisée des chemins. Deux arguments majeurs plaident en faveur de l'IA :

  1. L'immédiateté : l’IA rend tout plus accessible et instantané. Cependant, elle s’arrête à un premier niveau d'information. Pour aller plus loin, une démarche volontaire de recherche et d'analyse reste indispensable. Or, cette curiosité se cultive d’abord au sein de l'environnement familial et social. Si, pour prendre un exemple simple, un adolescent est privé de stimulations culturelles et livré à lui-même avec un smartphone, cet écran deviendra son unique horizon. Il cherchera naturellement la voie de la moindre résistance. C’est un peu comme vouloir réussir ses examens universitaires en révisant sur des résumés de cent pages plutôt qu’en plongeant dans les pavés de mille pages recommandés par le programme (ceux qui ont étudié les lettres ou les sciences humaines savent exactement de quoi il s'agit).
  2. Le coût : la culture a un prix, souvent élevé. À l'inverse, concevoir des contenus à l'aide de l'IA ne coûte presque rien. Créer de la valeur culturelle — qu’il s’agisse d'éditer un livre, de monter une pièce, de poursuivre des études supérieures ou de réaliser un film — exige des investissements conséquents, hors de portée du citoyen moyen. L’accès même à ces œuvres devient difficile pour de nombreux budgets, sans parler de la hausse constante du prix des livres, des billets de spectacle ou des droits d'entrée aux événements culturels.
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L'éternel retour historique

Pourtant, si l'on prend un peu de recul historique, ce clivage n'a rien de moderne.

Durant des siècles, la culture est restée le domaine réservé des classes aisées, qu’il s’agisse de l’accès à l'instruction ou de la possession d'œuvres d’art. La fracture était même bien plus vertigineuse. Les classes populaires devaient se contenter d'une transmission orale, tant pour l'apprentissage que pour le divertissement. Avec toutes les limites et approximations que comporte la subjectivité des récits et des théories ainsi colportés.

Ce n’est pas un hasard si le génie et la créativité de tant d'artistes n’ont pu s’exprimer que grâce au soutien de riches mécènes.

Comme le disait un vieux dicton populaire — dont l'origine religieuse rappelle combien la culture fut longtemps liée à l’Église — : « sans argent, pas de messe ».

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La solution ? Un menu à la carte plutôt qu’un *all-you-can-eat*

Mais alors, comment combler ce fossé aujourd'hui ? Les outils numériques nous bercent d'une illusion confortable : celle de pouvoir tout posséder, tout savoir, tout consommer en un clic.

Ce qui nous fait cruellement défaut, c’est l’art de choisir, la capacité d’opérer une sélection rigoureuse. Savoir quelle direction emprunter face à la multitude de chemins qui s'offrent à nous.

C’est pourtant le seul moyen de valoriser au mieux nos ressources et d'orienter nos choix vers un véritable épanouissement personnel.

Un investissement, certes, mais ciblé. Et qui, avec un minimum de planification, s'avère souvent moins lourd qu'il n'y paraît.

Après tout, ne vaut-il pas mieux maîtriser un sujet en profondeur plutôt que de vouloir incarner cette vieille encyclopédie populaire qui promettait « pas tout, mais de tout », non ?

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